Activités

27 février 2012 - Diner en collaboration avec l'Aéroclub

L’Orient le Jour du 1er mars 2012

L’Aéroclub goûte à la gastronomie amateur
Par Colin BERTIER

Près de 150 personnes étaient invitées, lundi, au dîner de deux chefs amateurs passionnés par la gastronomie.

Il est 20h30. Les invités commencent à arriver, s’installent dans les salons de l’Aéroclub de Beyrouth, près du palais Sursock. Au bar, whisky, gin, vodka, vin rouge de Syrie. La soirée est dédiée à la délicatesse et à la gastronomie. Pourtant, ce ne sont pas des chefs ordinaires qui vont cuisiner : Walid Mouzannar et Wadih Haddad sont tous deux chefs d’entreprise, le premier dans la joaillerie et le second dans les produits chimiques.
« Il se prépare depuis une semaine, il n’a pas arrêté, sourit Alice Haddad, l’épouse de Wadih Haddad. De toute façon, c’est le seul cuisinier de la maison. Il adore ça, ça l’amuse, il est content, c’est parfait! »

Même si les repas sont des événements courants pour les membres de l’Aéroclub, c’est la première fois qu’ils l’organisent dans ces proportions, et en partenariat avec l’Académie libanaise de gastronomie. « J’ai passé une nuit blanche, confie Walid Mouzannar. Ils sont 150 ! D’habitude, on fait ça chez soi, dans un plus petit comité. » L’occasion de retrouver des amis perdus de vue, mais surtout, selon les organisateurs, de faire « progresser l’art culinaire au Liban ».

Une cuisine éclectique
Les deux chefs revendiquent un statut d’amateur, mais ont chacun leur style. « Ce soir, j’ai décidé de cuisiner asiatique, explique Wadih Haddad. Je me rends très souvent dans ces pays, et j’ai décidé d’importer un peu de leur gastronomie. Il y aura des samossas, végétariens ou à la viande, du curry thaï aux crevettes, du riz à la chinoise, une glace au thé vert... »
Alors que le buffet commence à se couvrir de plats multicolores, les invités se pressent autour de la vingtaine de tables installées pour l’occasion et qui portent chacune un nom d’épice différent : vanille, cannelle, cumin... L’atmosphère est à la détente. Édith Piaf chante en boucle, et les couverts en argent aiguisent les appétits. Moins exotique mais plus précieux, Walid Mouzannar a décidé de cuisiner des choses « que l’on ne mange pas tous les jours. J’ai fait un couscous, une choucroute, et quelques entrées peu connues, comme un taboulé blanc, à base de choux, une salade de betteraves. » Et pour couronner le tout, le chef habituel de l’Aéroclub, Ali Nasser, a parsemé le buffet de quelques spécialités libanaises, pour agrémenter les palais des invités : kebbé frits, bouchées de lahmé, makanek, fatayer aux épinards... Au final, une soirée haute en découvertes gustatives. Sahtein !


 

Le logo de l'ALG est le "jurn", aux couleurs du drapeau libanais.

C'est dans ce lourd mortier en pierre qu'autrefois se préparait la kebbé. La viande et le bourghoul étaient patiemment et longuement pilés et mélangés à l'aide d'un lourd pilon en bois, jusqu'à obtention d'une pâte tendre.

Au début du siècle, dans les maisons beyrouthines, celui-ci était placé au centre de la cuisine sur un carré de pierre "furné" de couleur jaunâtre, le dallage de la cuisine étant trop fragile pour supporter les coups.

Pendant que l'on tapait la viande, les enfants se faisaient une joie de se faire des petites tartines de "kebbé nayyé" (kebbé cru).