Cuisine Libanaise

Slow food au Liban

Le Slow Food est un mouvement international crée en réaction à la disparition des traditions culinaires locales et du désintérêt croissant de l'origine ainsi que du goût des aliments. Ces choix affectent la consommation dans le monde.
Cette ONG fondée en 1989 en Italie, fait la promotion "d'un système, propre et équitable" au détriment de la culture du "fast food", en mettant la lumière sur la cuisine traditionnelle.
Son logo représente escargot, symbolisant un mouvement lent.

Au Liban, un petit réseau de fermiers, producteurs et fournisseurs travaille avec une grande autonomie pour défendre la culture culinaire du Liban, et diffuser la philosophie et l'éthique de Slow Food.

Nelly Chemaly et Mona el Dor sont des pionnières de la production bio, et des membres actifs de Slow Food Liban. Slow Food est une idéologie, une philosophie de vie, une façon de manger, une base de vie alliant philosophie et plaisir… "Slow Food a des milliers de membres dans le monde", dit Nelly Chemaly. Notre but est de diffuser cette philosophie et de toucher le plus grand nombre possible de gens. Nous voulons allier le plaisir du palais à travers la production locale ainsi qu'une cuisine régionale et offrir aux générations futures une alternative à la "mal bouffe".

Dans la capitale Libanaise, Slow Food a commencé à diffuser son message à travers "Earth Market", qui se tient à Hamra tous les mardis. Les producteurs et fermiers de Slow Food proposent leurs produits et plats à des prix raisonnables. "Earth Market" est le marché de prédilection des produits slow food.

Notre produit phare est un fromage végétarien, appelé "kechek el khameer" raconte Mona Chemaly. Ce fromage a été libellé "produit original libanais", et est reconnu sur les marches internationaux.
Mona el Dor rajoute : Keshek el khameer est fait de blé fermenté sans aucun rajout de produits laitiers. La recette avait disparu pendant des années, et nous l'avons faite revivre.
Mona El Dor est la partenaire de Mona Chemaly dans "Earth & co" qui produit ce fromage végétarien. Elle a donne des cours pour perpétuer la tradition du "Keshek el Khameer". Ainsi, beaucoup de fermières ont appris à le préparer et le commercialisent.
Mais ceci n'aurait pas été possible sans l'assistance de UCODEP, une organisation active au Sud Liban, qui a fourni les machines pour pouvoir produire cet excellent fromage.

Mona Chemaly était déjà une adepte de la philosophie du Slow Food avant d'avoir entendu parler du mouvement en 2004. Nous avions une façon de vivre "Slow Food" avant même sa création.

Toutefois, grâce a cette organisation, le Liban est le fier promoteur officiel de la friké (blé vert grillé) et la darfiyé (un fromage de montagne). Ce sont des produits protégés, et profondément ancrés dans la culture du pays.

Slow Food allie le plaisir de la nourriture avec la responsabilisation et le développement durable en harmonie avec la nature.

Pour de nombreux producteurs, la compétition avec les produits exportés est très dure. Mais une prise de conscience chez certains libanais est née, qui reconnaissent que les produits locaux devraient se retrouver dans les plats locaux. Acheter les ingrédients locaux aide les agriculteurs à continuer leur activité… et avec eux la production de plantes et de produits typiquement libanais…

"Les gens ne sont pas toujours conscients que les produits agricoles sont dépendants du climat et de la récolte. Les prix sont fixés en fonction de celle-ci" explique Siham Ghanem, une productrice de la région du Chouf. Nous faisons de notre mieux pour fournir à nos clients la meilleure qualité, qui ne peut en aucun cas se trouver dans la nourriture industrielle. Nous encourageons les gens à manger les produits du pays. Siham Ghamem ajoute: "Notre régime méditerranéen est loué dans le monde entier; produisons, achetons et mangeons notre propre nourriture."

Slow Food Beyrouth a-t-il semé une certaine culture depuis sa fondation?
C’est sûr répond Nelly Chemaly: "surtout quand il s'agit de pain, de blé et d'OGM. La demande en graines locales a considérablement augmentée, démontrant la prise de conscience des consommateurs, l'importance et la valeur de notre terre, notre culture et notre héritage."

Comment Slow Food Beyrouth rassemble-t-il ou se distingue-t-il d'autres Slow Food au monde?

Chaque pays a son propre héritage culinaire qui est une expression des gens qui l'habitent. Chacun est unique, et nous nous ressemblons dans notre idéologie.

Pour Barbara Massad, très active avec Slow Food Beyrouth depuis plusieurs années, le but principal est de créer un lien entre le producteur et le consommateur, et de provoquer une prise de conscience de ce qu'est la "bonne bouffe".

Le logo de l'ALG est le "jurn", aux couleurs du drapeau libanais.

C'est dans ce lourd mortier en pierre qu'autrefois se préparait la kebbé. La viande et le bourghoul étaient patiemment et longuement pilés et mélangés à l'aide d'un lourd pilon en bois, jusqu'à obtention d'une pâte tendre.

Au début du siècle, dans les maisons beyrouthines, celui-ci était placé au centre de la cuisine sur un carré de pierre "furné" de couleur jaunâtre, le dallage de la cuisine étant trop fragile pour supporter les coups.

Pendant que l'on tapait la viande, les enfants se faisaient une joie de se faire des petites tartines de "kebbé nayyé" (kebbé cru).