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Reema Maamari - Délicieusement Bio

L'Orient le Jour du 21 mai 2015
par Patricia KHODER

Les samedis matin, Reem Mansour Maamari, son mari Reda et leurs deux enfants se rendent à Souk el-Tayeb pour y vendre des crackers d'un genre spécial à base de légumes déshydratés. Reem a lancé son projet en septembre dernier. Aujourd'hui, ses produits, baptisés Biolicious et déclinés en quatre saveurs, se vendent dans

sept magasins bio de Beyrouth et du Mont-Liban. À l'image de ses produits, le parcours de Reema Maamari n'est pas ordinaire. Son visage rayonnant, ses grands yeux limpides et son sourire éclatant rappellent un peu le physique de Kristin Scott Thomas dans The English Patient. Perfectionniste, sincère, elle avoue détester les demi-mesures et surtout les injustices. « À l'école déjà, je faisais du bénévolat. J'étais scout puis j'ai rejoint les rangs des secouristes de la Croix-Rouge », confie-t-elle. Ses études universitaires achevées et un diplôme de sociologie en poche, elle se lance dans le développement, notamment avec l'association Save the Children. Elle part même en mission durant un an en Albanie. C'était durant les années quatre-vingt-dix, alors que le monde venait de sortir du communisme et que l'Albanie recevait un grand nombre de réfugiés kosovars. « J'ai été témoin de scènes de rue bien plus violentes que celles de la guerre du Liban. Mais ce peuple est également très ambitieux et très travailleur », se souvient-elle, admirative. « J'ai toujours aimé être sur le terrain. J'ai toujours cru et je crois toujours au changement. Je suis convaincue que toute intervention compte dans une société et que chacun d'entre nous, même si cela est un peu difficile, est capable de changer les choses, à sa propre échelle », poursuit-elle. C'est dans cette optique de changement qu'elle a commencé à fabriquer et vendre ses crackers. Il y a quatre ans, pour des raisons personnelles, la jeune femme, qui a toujours apprécié les aliments sains et qui a toujours inculqué à ses enfants une discipline assez rigoureuse, décide de changer tout son système alimentaire, en ôtant le gluten et le lactose de son propre régime. Elle s'inscrit à des cours par correspondance à l'Institut de nutrition intégrative de New York et devient au bout d'un an « Holistic Health Coach ». Elle ne reçoit pas de patients, n'ouvre pas de clinique, mais utilise ses connaissances en famille et se met à tester de nouvelles recettes. Car pour Reema, tout passe par la famille qui reste sa priorité. Pour se consacrer entièrement à ses enfants, elle avait choisi de quitter son travail à Save the Children. Elle avoue, dans un éclat de rire, s'être ennuyée un peu au bout de quelque temps ! Mais ça, c'était avant... Avant le projet Biolicious, qui a démarré avec la volonté de créer des aliments sans gluten et sans lactose. « Des aliments consistants qui peuvent remplacer le pain tout en ne contenant pas d'autres graines », explique-t-elle. C'est ainsi que les crackers Biolicious voient le jour. Ces petites biscottes fines et (naturellement) colorées sont composés à 80 % de légumes crus et déshydratés à basse température afin qu'ils préservent tous leurs nutriments. Ils existent en quatre saveurs : olives et tomates séchées, cèleri et betterave, carotte et betterave et enfin carotte et fleur de thym sauvage. Des saveurs insolites et parfois même surprenantes. Un nouveau venu, à base de chou frisé et confectionné avec du chocolat ou de la tahiné, sera bientôt sur le marché. Tous les produits utilisés sont évidemment organiques et bio, achetés pour la plupart auprès de producteurs libanais. Certains condiments comme le sel d'Himalaya ou l'origan sont importés. Dans cette entreprise, Rima, jusqu'au-boutiste convaincue et déterminée, collabore avec un ingénieur. Elle transforme un local situé au rez-de-chaussée de l'immeuble qu'elle habite en cuisine et œuvre pour que ses crackers organiques et bio obtiennent des labels internationaux. « Je rêve que mes produits soient accessibles à tous, au Liban et à l'étranger, pour que le plus grand nombre de personnes puisse avoir une alimentation saine. C'est essentiel », confie-t-elle. Et elle sait de quoi elle parle.

Le logo de l'ALG est le "jurn", aux couleurs du drapeau libanais.

C'est dans ce lourd mortier en pierre qu'autrefois se préparait la kebbé. La viande et le bourghoul étaient patiemment et longuement pilés et mélangés à l'aide d'un lourd pilon en bois, jusqu'à obtention d'une pâte tendre.

Au début du siècle, dans les maisons beyrouthines, celui-ci était placé au centre de la cuisine sur un carré de pierre "furné" de couleur jaunâtre, le dallage de la cuisine étant trop fragile pour supporter les coups.

Pendant que l'on tapait la viande, les enfants se faisaient une joie de se faire des petites tartines de "kebbé nayyé" (kebbé cru).